Au rythme de l’Amazone

 

25 novembre 2013. Iquitos. Cette ville de plus de 350 000 habitants, située au cœur de l’Amazonie péruvienne, a la particularité de n’être accessible que par voie fluviale ou aérienne. J’ai choisi le moyen de transport fluvial… plus économique et beaucoup plus authentique.

 

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Départ à 17 heures gringos! nous lance le capitaine du bateau. Il vous faut aller acheter un hamac, de l’eau et on fournit la nourriture. Comptez environ trois jours pour rejoindre Iquitos.

 

 

C’était lundi matin, le 17, à Pucallpa. Le bateau comptant initialement une vingtaine de personnes à notre arrivée s’est vite transformé en un sanctuaire de hamac (notre lit pour le voyage), de bagages et de provisions alimentaires (gâteaux, fruits, jus)… repoussant le compteur à plus de 150 personnes dans l’après-midi. On est un peu compacté les uns sur les autres, mais on s’en fout, on est là pour l’aventure. Parmi les visages des locaux, on repère quelques autres voyageurs dont deux Colombiens, une Espagnole, un Hollandais et une Luxembourgeoise, qui deviendront vite nos compagnons. 

20 heures, l’appel du capitaine : Nous ne partirons que demain matin à 8 heures, un problème sur le fleuve nous empêche de mettre les voiles.

 

Ils voulaient en fait remplir au maximum le bateau. À 11 heures le lendemain, c’est enfin le départ! La chaleur et l’humidité stagnante ont laissé un doux parfum de transpiration sur nos corps (ou ce sont les autres…on ne sait plus très bien), les tortillements du hamac ont accompagné nos rêves et ces lèves-tôt  de Péruviens jacassent depuis 5 heures du matin: on est au top, prêts à découvrir l’Amazone!

La mierda

Un soir, alors que tous les Péruviens dorment depuis quelques heures, nous jouons à la bataille corse et aux échecs dans un coin du cargo avec les autres routards. Les moteurs sont stoppés pour quelques minutes en bordure du fleuve : c’est le moment d’approvisionner un village en sel, blocs de glace, riz, boissons et de récupérer une énorme cargaison de bananes. Le troc effectué, nous poursuivons notre cap vers Iquitos, sans nous douter que de nouveaux dangereux passagers ont embarqué à bord du bateau : les cuisiniers viennent d’attraper (je ne sais pas comment) quatre alligators sur le bord du fleuve.

 

"Gringos, gringos, venez voir dans le sous-sol ce que nous avons attrapé. Des alligators, des alligators!"

 

Les gars sont les premiers à bondir de leur siège comme des bêtes sauvages tandis que je m’empresse d’aller chercher mon appareil photo. Une dizaine de personnes entoure les prisonniers sanguinolents, déjà bien amochés à coups de pieux sur le crâne. Ils ne bougent plus.

 

" Vous pouvez toucher si vous voulez, ils sont neutralisés."

 

Ni une, ni deux, David, le Hollandais barbu baraqué tend sa main vers le plus gros alligator…à priori pas tout à fait neutralisé… Je vois David bondir d’un mètre en arrière et la gueule de la bête grande ouverte, prête à faire des ravages.

 

"La mierda, la mierda, s’écrie Léo, l’un des cuisiniers, en donnant le coup de grâce sur la tête du monstre". 

 

La Mierdad, c’est le moins que l’on puisse dire! La frousse de sa vie qu’il a eu le David!

La Mierdad, c’est le moins que l’on puisse dire! La frousse de sa vie qu’il a eu le David!

 

Le lendemain, dans l’après-midi, nos amis les chefs cuistots nous accostent de nouveau :

 

"On vient de cuisiner un morceau d’alligator, vous voulez goûter?"

"Hé comment qu’on veut goûter. Surtout David non?"

 

Nous avons adoré. Cuisiné, l’alligator a l’apparence d’un poisson, la texture d’une viande, et un goût à mi-chemin entre les deux. A l’heure où je vous écris, les trois autres cadavres sont sûrement en vente sur le marché d’Iquitos. Léo et ses acolytes ont bien arrondi leur fin de mois.

 

Où suis-je aujourd’hui? À Iquitos, avec Bria. Finalement la remontée du fleuve aura duré cinq jours au lieu de trois. L’expérience était unique. Un peu nostalgiques, nous venons de quitter tous les « gringos » rencontrés au fil de notre voyage, mais la suite de l’aventure promet encore bien des surprises : demain nous partons dans la jungle pour une cérémonie shamanique.

 

On se retrouve dans quelques jours pour le débrief!

Infos :

Bateau : compagnie Edouardo, départ tous les jours (officiellement) sauf les dimanches, 30 €  négociables pour les 3 jours (nourriture comprise).

À Iquitos :

Hébergement

Toé backpacker : situé à deux minutes de la Plaza de Armas (centre-ville), bon accueil et bons conseils pour des excursions dans la jungle. 6 € la nuit en dortoir, petit-déjeuner compris.

 

Visites 

Marché Belén : vous trouverez de tout, des poissons séchés aux épices, en passant par les potions shamaniques, les tissus, les fruits…etc. Un incontournable.

Parque de Quistococha : belle endroit pour se baigner dans un lac entouré par la forêt, avec en prime un zoo où vous pourrez admirer des jaguars, des pumas, des dauphins roses et autres curiosités de l’Amazonie.

 

Le centre-ville : notamment pour son architecture.

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